Author Topic: pas cher Pull et Léonce  (Read 109 times)

powwl8sj

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pas cher Pull et Léonce
« on: November 25, 2013, 04:10:56 am »
s avec tant d'amour et de science dans le préau, retournèrentdans la première cour, dont les bâtiments délabrés et les grandes herbesabandonnées avaient plus de caractère et de poésie. Ce lieu étaitcomplètement désert, et ses antiques constructions, ouvertes sur lepaysage, ne servaient plus que de hangars et de celliers. La mule duprieur, blanchie par l'âge, paissait d'un air mélancolique, et leroucoulement des pigeons sur les toits couverts de mousse interrompaitseul, avec le murmure uniforme de la fontaine et le tintement del'horloge qui annonçait minutieusement chaque parcelle du temps écoulé,pas cher Pull,le silence de cette demeure où le temps n'avait pas d'emploi véritableet où la vie semblait s'être arrêtée.Sabina, assise sur un banc auprès de la fontaine de marbre noir,ressemblait à la statue de la Mélancolie. Une révolution complètes'était opérée depuis le matin dans les manières, l'attitude etl'expression de cette belle personne, et Léonce, en la contemplant,sentait que tout était changé entre elle et lui. Ce n'était plus ladédaigneuse beauté, sceptique à l'endroit de l'amour réel, fièrementexaltée à l'idée de je ne sais quel amour idéal et impossible, auquelnul mortel ne lui semblait digne d'être associé dans ses rêves. Cetteforce de caractère, cette tension pénible de la volonté, qui avaienttant effrayé et tant irrité Léonce, avaient fait place à une mollelangueur, à une tristesse touchante, à une rêverie profonde, à unensemble de manières tendres et douces, dont lui seul était l'objet.C'était une femme timide, tremblante et brisée, et pour la première foiselle avait pour lui un attrait que ne glaçaient plus la méfiance etla peur. Il se sentait à l'aise auprès d'elle, il pouvait parler etrespirer sans craindre ces piquantes et spirituelles railleries qui, enéveillant son esprit, tenaient son coeur en garde contre elle et contrelui-même. Il n'avait plus besoin d'affecter, comme la veille,femme chemisier, ce rôle dedocteur et de pédagogue mystérieux, plaisanterie froide et forcée quiavait caché tant d'émotion et de dépit. Il était désormais pour elle unvéritable protecteur, un médecin de l'âme, presque un maître; et là oùl'homme sent qu'il dirige et domine, il est capable de tout pardonner,même l'infidélité qui a fait saigner son amour-propre.Il s'assit aux pieds de sa docile pénitente, et après un long silence oùil se plut peut-être à prolonger son inquiétude et sa timidité, il luidemanda si son affection, à elle, ne serait pas diminuée par cettepénible confidence qu'elle avait osé lui faire.--Peut-être, lui dit-elle, si je voyais en vous autre chose qu'un amantqui me quitte et un ami qui m'est rendu. Mais si l'ami me guérit desblessures que je me suis faites,pas cher Chaussure, je verrai avec joie l'amant disparaîtrepour jamais. De cette façon ma fierté ne peut pas souffrir; car sil'amour est orgueilleux et susceptible, si son pardon est humiliant etinacceptable; celui de l'amitié est le plus saint et le plus doux desbienfaits. Ah! voyez, mon cher Léonce, combien ce sentiment divin estplus pur et plus précieux que l'autre! comme, au lieu d'amoindrir et detorturer, il ennoblit et purifie! Hier, je n'eusse accepté de vous nisecours ni pitié. Aujourd'hui je ne rougirais pas de vous les demander àgenoux.[Illustration: Il était seul et marchait lentement.]--Eh bien, mon amie, vous n'êtes pas encore dans le vrai; vous avezpassé d'un excès à l'autre. Hier, vous méprisiez trop l'amitié;aujourd'hui, vous l'exaltez sans mesure. Vous ne pouvez perdre la faussenotion que vous vous êtes faites si longtemps de ces deux sentiments,et vous voulez toujours les rendre exclusifs l'un de l'autre; pourtantl'union des sexes n'est vraiment idéale et parfaite que lorsqu'ils seréunissent dans deux nobles coeurs. Qu'est-ce donc qu'un amour vrai, sice n'est une amitié exaltée? Oui, l'amour, c'est l'amitié portée jusqu'àl'enthousiasme. On dit que l'amour seul est aveugle! Là où l'amitiéest clairvoyante, elle est si froide, qu'elle est bien près de mourir.Cro
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